Full text: papers communicated to the first International Eugenics Congress held at the University of London, July 24th to 30th, 1912

102Section I.A. Marro. 
Nous avons une preuve directe de la loi dans les anomalies des fils de 
parents qui se trouvaient, eux-mêmes, dans des conditions anomales à 
l’époque de la génération. 
Dans l’ordre physique, Darwin en cite un cas, qui est très lumineux : 
Un taureau, en sortant de l’étable, eut la queue coupée par la porte qui 
se ferma subitement. Tous les veaux engendrés par ce taureau nacquirent 
sans queue. 
L’expérience de Brown-Séquard, que j’ai répétée moi-même différentes 
fois, de rendre les cobayes épileptiques par la résection du nerf sciatique, 
est classique. Les petits qui en naissent sont eux mêmes épileptiques. 
Un état accidentel, et même parfois seulement temporaire des parents, 
l’ivresse, exerce une influence puissante sur la génération. 
La science a désormais mis hors de conteste que non seulement l’alcool­ 
isme habituel de l’un ou des deux producteurs, mais encore le simple état 
d’ivresse au moment de l’acte de la génération suffit pour transmettre des 
caractères dégénératifs aux enfants. 
L’influence héréditaire de l’alcoolisme n’avait pas échappée aux anciens. 
La tradition mythologique rapportait la difformité de Vulcain dûe à l’état 
d’ébriété du père Jupiter au moment où il l’engendrait, et suivant Platon,* 
les Carthaginois avaient défendu par une loi l’usage des boissons alcooliques 
aux conjoints lorsqu’ils voulaient procréer des enfants, pour obvier à leurs 
funestes effets transmis par l’hérédité. 
Morel attribue à l’influence dégénérative de l’alcoolisme l’abolition com­ 
plète du sens moral, la diminution de la sensibilité physique et de la déper­ 
dition des forces. 
Chez les délinquants, mes statistiques m’ont donné le 46% de fils d’alco­ 
oliques, tandis que parmi les normaux, les descendants d’alcooliques 
n’arrivent qu’à la proportion de 16%. t 
Durant mes longues années d’exercice comme médecin cantonal, tous les 
enfants que j’ai vu frappés de convulsions avaient un père ou une mère 
alcoolique, quand ce n’était pas les deux. 
J’ai voulu en outre chercher si d’autres formes de modifications acquises 
dans le caractère des parents étaient transmises aux enfants. 
Dans le cours naturel de la vie, depuis l’enfance jusqu’à la jeunesse, à 
la maturité, à la vieillesse, l’organisme humain parcourt nécessairement 
différentes phases de développement, se trouvant tout d’abord en voie de 
formation, arrivant progressivement au développement complet, pour par­ 
courir ensuite une période de décadence, pendant laquelle il va en déclinant, 
s’usant et devient de moins en moins apte à un service ultérieur. Or, l’acti­ 
vité génésique de l’homme, quoiqu’elle fasse défaut au premier et au dernier 
âge, embrasse nonobstant une période assez étendue qui commence à une 
époque d’immaturité ou tout ou moins de maturité incomplète et s’avance 
* Platon, Des lois. Livre V., p. 128, traduction de V. Conti-Paris, 1831. 
f A. Marro, Caratteri dei delinquenti, p. 237.
        

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