Full text: papers communicated to the first International Eugenics Congress held at the University of London, July 24th to 30th, 1912

104Section I.A. Marro. 
Il manquait cependant une véritable étude qui spécifiât les rapports 
entre l’âge des parents et les qualités héréditaires de la progéniture. 
En 1883, Bail et Regis* publièrent une étude comparative sur les 
différents âges auxquels arrivaient les membres des deux sexes des familles 
des névropathes (épileptiques et histériques), d’alcooliques, d’aliénés, de 
paralytiques et de vésaniques comparés aux individus normaux, pendant 
quatre générations, c’est-à-dire les aïeux, les parents, les individus soumis 
à un examen avec leurs frères et soeurs, et enfin les enfants et les neveux. 
De cette étude, ils conclurent que la durée de la vie est plus longue chez 
les ascendants des aliénés, que chez ceux des gens normaux, et la longévité 
est plus grande chez les ascendants des paralytiques généraux et des alco­ 
oliques, chez lesquels elle arrive à des proportions notables, tandis que chez 
les névropathes et les vésaniques, elle s’approche de celle des normaux. 
Toutefois Bail et Regis n’étaient pas arrivés à tirer de leurs études la 
conclusion, qui en résulte indirectement, c’est-à-dire que les parents de ces 
malades ayant atteint un âge très avancé, les avaient procréés fréquem­ 
ment à un âge déjà mûr ; ce qui tendrait à donner la preuve que la vieil­ 
lesse des parents prédispose les enfants à des lésions cérébro-spinales, et 
à des tendances alcooliques. 
Profitant de l’occasion qui m’était offerte pendant que j’étais médecin de 
la Maison de Justice de Turin, j’ai essayé de faire un examen comparatif 
des délinquants et des personnes vivant en liberté, pour découvrir s’il 
existait entre les uns et les autres des différences en rapport avec l’âge 
des parents à l’époque à laquelle ils avaient engendré. 
J’ai examiné à cet effet 456 délinquants et 1,765 normaux divisés en 
771 nouveau-nés, 917 écoliers et 77 adultes; j’y ajoutai en outre 100 
aliénés du Manicome de Turin, pris au hasard parmi les nouveaux entrés 
de 1886, chez lesquels j’ai complété cette étude. 
Je commençai à classer l’âge des parents en trois périodes, c’est-à-dire: 
d’immaturité, de complet développement et de décadence. Pour marquer 
la période d’immaturité, je pris comme limite l’âge fixé par notre législation, 
après lequel l’homme peut se marier sans le consentment de ses parents 
(25 ans). Je limitai la période de développement parfait entre 26 et 40 
ans. Je marquai la période de décadence à partir de 41 ans, parce que les 
oculistes admettent que la presbytie commence à cet âge, et qu’ à cet âge 
l’homme a généralement une tendance à l’adipose, premier indice du ralen­ 
tissement de son mouvement vital, et comme conséquence naturelle, une 
décadence de ses pouvoirs biologiques. 
Ayant ainsi divisé les parents de mes sujets observés suivant les divers 
âges, mes recherches m’ont démontré que le nombre de délinquants était 
prépondérant parmi les descendants de parents très jeunes ou vieux com­ 
parativement à ce qui s’observait parmi les gens vivant en liberté. 
* Les familles des aliénés au point de vue biologique (Encéphale 1883).
        

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