Full text: papers communicated to the first International Eugenics Congress held at the University of London, July 24th to 30th, 1912

!56Section II.F. Houssay. 
Or ce droit de punir n;est combattu, au nom d'une logique abstraite 
oublieuse des réalités humaines et sociales, que par une minorité infime. 
Malgré les efforts de penseurs plus généreux que bien avisés, la plupart des 
EtatS' civilsés ont maintenu ce droit jusqu’à la peine de mort inclusivement ; 
certains ont remplacé celle-ci par une réclusion perpétuelle et complète qui 
semble bien un supplice pire que celui qu’il remplace. 
Quoi qu’il en soit, dans l’un ou l’autre cas, par mort ou réclusion, le 
grand condamné est retranché du corps social et sa lignée éteinte du même 
coup. L’extinction de la descendance par stérilisation est évidemment une peine 
moindre que les précédentes puisqu’au lieu d’être une suppression de la vie 
naturelle ou sociale, elle en est seulement une réduction morphologique et 
physiologique que l’on peut effectuer sans douleur. Il semble en conséquence 
qu’il soit légitime de l’étendre à de plus nombreux cas moins graves et 
moins brutalement menaçants pour la société. 
Au reste, dans l’état actuel de la psychologie humaine, qu’il conviendrait 
de soigneusement entretenir, cette peine serait considérée comme plus 
infamante, plus humiliante que la mort sur l’échafaud théatral avec publicité, 
photographie et cinématographe. Elle serait par suite et à moins de frais 
un salutaire exemple et un épouvantail pour retenir ceux qui sont à la limite 
de la défectuosité et dont un effort psychique voulu seule peut empêcher la 
chute. La sélection artificielle dont nous étudions ainsi la légitimité a priori 
peut d’ailleurs être justifiée d’une autre manière si l’on vient à penser qu’elle 
se produirait tout de même, un peu plus tard, sans aucune intervention 
sociale, par le fait seul que la descendance des tarés ou des dégénérés 
s’éteint spontanément, en peu de générations, par mort précoce des enfants 
ou par infécondité ordinaire. La sélection artificielle que 1’"Eugénique 
propose n’est donc qu’une avance sur une sélection naturelle en vue d’une 
économie sociale, résultat appréciable déjà par lui-même et en vue surtout 
de réduire les exemples fâcheux et les contagions morales qui proviennent 
de l’extension du groupe des incapables, artificiellement entretenu par 
l’assistance des meilleurs. 
Sans qu’il soit besoin de développer davantage on voit que l’exposé 
précédent se rattache aux théories darwiniennes et il semble que, par la seule 
application des principes qui en découlent, le groupe des défectueux, 
considéré à un moment donné, puisse être rapidement éteint et que la société 
nettoyée puisse, pour une longue période, reprendre une vie allégée et plus 
saine. Ce serait là une vue unilatérale qui laisserait échapper toute une face du 
problème et pas la moins importante ni la moins intéressante. Car, le 
groupe des défectueux, à mesure qu’il s’éteint à l’un de ses contours est, 
sur l’autre bord, perpétuellement renouvelé et grossi par de nouvelles recrues
        

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.