Full text: papers communicated to the first International Eugenics Congress held at the University of London, July 24th to 30th, 1912

F. Houssay.Practical Eugenics.*57 
résultant des dégénérescences peu à peu survenues dans les lignées d’êtres 
sains qui se dégradent. 
Pour faire œuvre féconde, il ne s’agit donc pas uniquement d’accélérer 
artificiellement l’extinction d’un groupe qui surviendrait spontanément, il 
faut aussi, peut être même faut-il surtout, empêcher ce groupe de se reformer 
à mesure. Il faut tout au moins, si l’absolu en pareille matière est inacces­ 
sible, retarder tant qu’il se peut la vitesse avec la quelle le lot des êtres 
défectueux tend à se reconstituer. 
Il importe essentiellement pour atteindre ce but d’être éclairé sur le 
déterminisme des tarés et de leur conservation par l’hérédité et, par cette 
préoccupation, on se rattache aux principes sur lesquels reposent les doctrines 
lamarckiennes. Beaucoup de données cliniques sont à utiliser dès main­ 
tenant, de plus nombreuses encore pourraient être recueillies. 
On entrevoit déjà comme facteurs primordiaux : l’alcoolisme, la syphilis, 
et plus généralement toute intoxication spontanée ou résultant de maladies 
contagieuses, aussi bien que certaines diathèses parmi lesquelles l’arthritisme 
est à compter pour sa part. Tout ce qui tendra à restreindre l’action de ces 
facteurs est capital au point de vue qui nous intéresse. 
Il peut sembler qu’à étendre ainsi le sujet, nous soyons au moment de 
sortir du cadre de l’Eugénique qui, telle que formulée jusqu’ici, fixe surtout 
son regard sur les dégénérés pauvres dont les incapacités diverses constituent 
des surcharges pour les sains et dont les impulsions facilement délictueuses 
ou criminelles sont des dangers sociaux. Mais les pertes sociales ne 
résultent pas seulement des charges inutiles d’assistance aux incapables ou 
d'entretien dans les prisons de trop nombreux délinquants. 
Si, dans les classes aisées, la dégénérescence semble un malheur 
particulier, qui ne retentit pas sur l’ensemble social, parce que la fortune de 
famille permet d’y parer, n’est-ce point là une erreur? La régression 
intellectuelle et morale, quand elle survient dans la descendance de ceux qui 
se sont élevés jusqu’à l’élite, n’est-elle pas un mal social par le manque à 
gagner qu’elle représente, par la perte de grandes forces qui eussent pu 
s’employer ? 
A notre avis, les pertes sociales, pour ne pas s’exprimer par des 
phénomènes identiques, sont aussi importantes aux deux extrémités de 
l’échelle, dans l’extrême fortune et dans l’extrême misère et, pour la 
recherche du mieux, il convient de penser également à tous les cas. parce 
qu’aussi bien ils paraissent provenir des mêmes déterminismes physio­ 
logiques. Mais que dire de la stérilisation par persuasion ou par contrainte s’il 
s’agit de l’appliquer aux dégénérés fortunés? Peut être seraient-ils en bien 
des cas susceptibles d’être persuadés plus facilement que les misérables. 
Au surplus, la restriction volontaire de la descendance, encore que suscitée 
par des considérations d’un tout autre ordre et surtout pour conserver et 
concentrer la richesse acquise, agit dans le sens eugénique, cela n’est pas
        

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.