Full text: papers communicated to the first International Eugenics Congress held at the University of London, July 24th to 30th, 1912

i88Section III.A. Niceforo. 
aussi une autre catégorie de causes, très importante : ce sont les caractères 
individuels que chaque homme porte avec lui en naissant et qui constituent 
le patrimoine physique et mental de l’individu, patrimoine qui l’accompagne 
pendant toute sa vie.—Grâce au simple jeu de la variabilité biologique chaque 
homme naît différent de tout autre homme; et, par là, chaque exemplaire 
humain prend sa place spéciale dans la courbe binomiale des caractères et 
des aptitudes des individus. 
Les hommes qui naissent avec des caractères physiologiques et mentaux 
d’ordre inférieur tendent à sombrer dans les classes inférieurs ou tendent à 
rester en bas s’ils y sont nés. Vice versa les hommes qui naissent porteurs 
de caractères supérieurs, tendent à monter en haut, ou à rester dans les 
hautes positions économiques, sociales, intellectuelles, qu’ils ont déjà 
conquis. C’est, donc, grâce à cette sélection continuelle, et à ce passage—plus 
ou moins interrompu, et plus ou moins complet—des molécules sociales à 
travers les groupes et les échelons de la société, que nos examens et nos 
chiffres trouvent les caractères individuels d’infériorité dans les classes 
inférieures de la société et les caractères opposés dans les classes 
supérieures. Faisons maintenant une deuxième approximation. Je n’ai parlé, jusqu’à 
présent, que de moyennes. La moyenne, par exemple, de tous les chiffres 
indiquant la sensibilité (mesurée à l’esthésiomètre) dans un groupe d’enfants 
pauvres indique une sensibilité moindre que celle présentée par la moyenne 
obtenue sur un groupe d’enfants aisés. Mais, si au lieu de comparer les 
deux moyennes, je compare entre elles les deux courbes tout entières dont 
résulte chaque moyenne, j’arrive à découvrir un fait qui est, selon moi, de la 
plus grande importance. 
En superposant, en effet, la courbe de la sensibilité des pauvres à celle des 
enfants aisés, je trouve—il est vrai—que la classe la plus fréquente (et 
qui coincide avec la moyenne) indique une sensibilité plus haute pour les 
sujets aisés;—mais je trouve aussi qu’il existe parmi les sujets pauvres une 
certaine quantité d’individus à sensibilité supérieure ;—et parmi les sujets 
aisés une certaine quantité de sujets à sensibilité inférieure. L’analyse des 
chiffres en série met par conséquent en relief des faits que la moyenne nous 
avait cachés. Et ce qui est vrai pour la sensibilité, l’est aussi pour les 
autres caractères. 
Voilà, donc, que Von peut démontrer l’existence d’un petit groupe de 
“ supérieurs ” dans les classes inférieures et d’un petit groupe 
“ d’inférieurs ” dans les classes supérieures. 
N’est-ce-pas entre les individus formant ces deux groupes <P exception 
que se font les échanges sociaux permettant aux meilleurs et aux plus habiles 
d’en bas de monter en haut, et forçant les’ dégénérés d’en haut à tomber 
en bas?
        

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