Full text: Problems in eugenics

196Section III.M. L. March. 
du recensement et les enfants morts depuis leur naissance. De plus, les 
familles ont été classées suivant la profession et la situation du chef de 
famille. Bien que cette statistique soit la première où l’on ait étendu à tout 
un pays l’étude de la fertilité des mariages suivant la profession, certaines 
des statistiques précédemment dressées ont fourni des indications précieuses 
sur les rapports entre la situation sociale et la fertilité. Les enquêtes 
fondées sur des généalogies, notamment celles d’Anseele, de Colin, de 
Pearson, de Fahlbeck, d’assez nombreuses statistiques de familles suivant 
l’habitat soit à la ville, soit à la campagne, ou bien d’après le degré 
présumé d’aisance, suivant que le domicile est dans un quartier riche ou 
dans un quartier pauvre de certaines capitales, ou encore d’après le nombre 
des domestiques, ont permis d’établir un rapport étroit entre la fertilité et 
l’habitat, soit urbain, soit rural, ou le degré d’aisance, le milieu. On 
est aujourd’hui fixé, dans une certaine mesure, sur les causes générales de 
la restriction de la fertilité, là où elle se produit, et l’on résume ces causes 
en disant que la restriction est liée, à notre époque comme dans le monde 
ancien, au développement de la civilisation, ou tout au moins d’une 
certaine forme de civilisation. C’est là, comme l’a remarqué le professeur 
Fahlbeck dans une magistrale communication à l’Institut international de 
Statistique, faite à Londres en 1905, qu’est le danger dont se préoccupent, 
à bon droit, les eugénistes. 
L’effet bienfaisant de cette civilisation se résume aux yeux du plus 
grand nombre par un accroissement de liberté individuelle et une plus 
grande égalité. N’est-ce pas précisément dans cette libération croissante à 
l’égard des forces naturelles et dans une susceptibilité de plus en plus 
aïgue, de plus en plus ombrageuse, à l’égard des inégalités naturelles ou 
acquises, qu’il faut chercher les raisons profondes de la restriction volon­ 
taire qui semble menacer les œuvres vives de toute société civilisée? 
Les statistiques de familles doivent nous permettre d’établir des distinc­ 
tions suggestives. 
Elles cherchent à distinguer, à ramener à une exacte valeur, les différents 
facteurs du déclin des naissances dont on condense l’expression dans le mot 
civilisation. Est-il certain en particulier que les classes les plus pauvres, 
et sans doute les moins adaptées à la vie progressive, soient les plus pro­ 
lifiques, en sorte que ce sont elles qui assurent une bonne partie du recrutement 
des générations nouvelles? Ou dans quelle mesure en est-il ainsi? 
Un examen détaillé et méthodique de statistiques de familles classées 
par profession semble indispensable ; c’est pourquoi nous présentons à 
ce premier Congrès celles qui ont été dressées en France au cours des 
dernières années.
	        

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